L’Homme et la Nature

Actions de terrain

Le programme Océan crée deux projets de restauration et de conservation du littoral indonésien, baptisés «Time for the planet» et rendus possibles grâce au soutien d’OMEGA

Archipel des Raja-Ampat (les quatre rois), province de Papouasie Occidentale, Indonésie (0°41’ S - 130°25’ E). © Yann Arthus-Bertrand / Altitude Paris

Timefortheplanet_Logo-72x90L’Asie du sud-est est la région la plus riche de notre planète océan et une des plus sensibles aux activités humaines. La richesse de ces écosystèmes qui fournissent de nombreux services environnementaux, économiques et sociaux aux populations locales est aujourd’hui menacée.

En 2013, le programme Océan met en place deux projets de restauration et de conservation du littoral indonésien. Ces projets baptisés «Time for the planet» sont rendus possibles grâce au soutien d’OMEGA et la création d’une montre Seamaster Planet Ocean 600 M GMT Goodplanet, dont une partie des bénéfices est reversée à ces projets de terrain.

Ces actions permettront le maintien d’un patrimoine naturel exceptionnel, de soutenir les activités économiques locales et de lutter contre le changement climatique en utilisant les capacités naturelles de stockage de CO2 de ces écosystèmes.

Ces projets s’articulent autour de trois volets :

  • Restaurer les mangroves par le reboisement et préserver les herbiers
  • Travailler avec les communautés et les autorités locales afin de consolider la protection des littoraux
  • Sensibiliser les acteurs locaux et les plus jeunes aux enjeux de la gestion de ce patrimoine

 

Yann Arthus-Bertrand et Nick Hayek, président de la direction du Swatch Group, expliquent leur engagement pour les projets « Time for the Planet » :

 

Pourquoi restaurer les forêts de mangroves ?

Forêt de mangrove au nord de l'île de Sulawesi, Indonésie © Fondation GoodPlanet
Forêt de mangrove au nord de l’île de Sulawesi, Indonésie
© Fondation GoodPlanet

À l’échelle mondiale, les mangroves, ces forêts côtières si particulières, à l’écosys­tème si riche et foisonnant, forment l’un des milieux les plus dégradés au XXe siècle : elles ont perdu le quart de leur surface en moins de vingt ans, soit 3,6 mil­lions d’hectares, principalement en Asie. Le phénomène est d’abord dû à l’urbanisation puis au tourisme qui, dans les zones tropicales, incite les habitants à transformer en plages des régions parfois peu hospitalières, boueuses et infestées de moustiques. Enfin, la croissance de l’aquaculture est également responsable : l’extension des élevages de crevettes en eaux chaudes participe à la destruction des mangroves. Les racines des palétuviers – arbres essentiels dans ces écosystèmes – sont souvent arrachées au bulldozer sur des hectares entiers pour laisser place à des fermes aquacoles…

Et pourtant les forêts de mangroves sont parmi les écosystèmes les plus importants de nos océans!

Réservoirs de nutriments et de biodiversité

Elles hébergent une abondante faune de poissons, crabes, crevettes, mollusques mais aussi mammifères, reptiles, amphibies et oiseaux, dont certaines menacées d’extinction.

Nurserie pour les pêcheries locales

Les juvéniles des principales espèces commerciales se développent au sein des mangroves et alimentent les pêcheries locales.

Protection du littoral

Les mangroves sont des barrières naturelles contre l’érosion due au vent, aux vagues et aux courants, atténuant les effets des tempêtes et des cyclones. Les régions où les mangroves ont été sacrifiées ou endommagées par les activités humaines (constructions, tourisme, agriculture) font partie des plus touchées par le tsunami qui a atteint les côtes de Thaïlande en décembre 2004.

Exploitation du bois

Le bois issu des mangroves est réputé comme étant imputrescible et résiste aux insectes, ce qui en fait un matériau de construction privilégié. Il est aussi utilisé comme combustible dans l’alimentation quotidienne des communautés locales.

Fourniture de bien et de services

Les mangroves fournissent aussi d’autres produits et services : extraction de tanins, fibres pour l’industrie textile (rayonne), plantes médicinales, écorce utilisée comme condiments, charbon de bois, fourrage, paille, miel, etc.

Des puits de carbone naturels

Tout comme les forêts terrestres, les mangroves ont la capacité de stocker du carbone grâce à la photosynthèse. Ce stockage est estimé à 6 tonnes par hectare et par an.

Les biens générés annuellement par la mangrove sont estimés à 186 millions de dollars. Gérées de façon soutenable, elles gagneraient en productivité et permettaient de garantir un revenu permanent aux populations côtières.

Pourquoi préserver les herbiers marins ?

Les vastes prairies sous-marines présentes dans la plupart des océans du globe ne sont pas composées d’algues mais bien d’herbes, très similaires aux plantes terrestres, d’où leur nom d’« herbiers ».

Tortue verte se nourrissant sur un herbier marin, Belize (Brian Skerry)
Tortue verte se nourrissant sur un herbier marin, Belize
© Brian Skerry

Les herbiers font partie des écosystèmes les plus diversifiés de la planète et constituent de véritables hotspots de biodiversité. Des espèces emblématiques comme les dugongs, les lamantins ou encore les tortues viennent directement se nourrir des feuilles d’herbiers : un dugong peut en consommer 40 kilos par jour, et la tortue verte Chelonia mydas jusqu’à 2 kilos.

Les herbiers abritent également de très nombreuses espèces qui ne se nourrissent pas directement des herbes. C’est le cas de plusieurs espèces de poissons (mérous, barracudas…) adultes et juvéniles, de mollusques (nacres), de vers marins, d’oursins, d’étoiles de mer et de crabes. Les herbiers sont aussi le sanctuaire d’espèces particulièrement fragiles comme les hippocampes. Dans les herbiers de posidonies, on compte environ 50 espèces endémiques ou très dépendantes.

Les herbiers marins sont en outre considérés comme des ingénieurs de l’écosystème, c’est-à-dire qu’ils modèlent l’écosystème qui les entoure. Les feuilles des herbiers retiennent les sédiments, et leurs racines stabilisent le fond marin, le protégeant ainsi de l’érosion. Les herbiers filtrent naturellement les eaux. Ils produisent de grandes quantités d’oxygène par leur activité de photosynthèse, et aèrent les sédiments grâce à leurs racines.

À l’échelle mondiale, les herbiers figurent parmi les écosystèmes les plus productifs, puisqu’ils fixent 27 millions de tonnes de carbone par an. De récentes études ont montré que, contrairement aux forêts qui stockent le carbone principalement dans le bois, les herbiers le stockent à hauteur de 90 % dans les sols. En Méditerranée, ces prairies ont développé des capacités de séquestration jusqu’à plusieurs mètres sous la surface. Au cours des siècles, près de 19 milliards de tonnes de carbone auraient donc été stockées dans les herbiers.

Comme les coraux ou les mangroves, les prairies sous-marines sont des écosystèmes particulièrement fragiles et très exposés aux menaces anthropiques en provenance de la côte. Elles constituent même des milieux sentinelles témoignant de l’existence de perturbations environnementales. Des études estiment que 29 % des herbiers auraient déjà disparu, et que cette disparition se poursuivrait actuellement au rythme de 1,5 % par an. Pollution, dragage, arrachage causé par les ancres, eutrophisation, surpêche, dessalure ou encore introduction d’espèces comme Caulerpa taxifolia sont autant de menaces qui pèsent sur ces écosystèmes essentiels.

Pourquoi l’Asie du Sud-Est ? Une région riche et menacée

L’Asie du sud-est, baptisée « Triangle du Corail » comporte 100 000 kilomètres carrés de récifs coralliens soit 34 % des récifs dans le monde. Avec plus de 4 millions d’hectares, l’Indonésie est le pays qui possède la plus grande surface de forêt de mangroves. La majeure partie de la biodiversité marine est concentrée dans cette région qui représente moins de 1% de la surface totale de la planète. Cette région abrite la plus grande concentration de biodiversité de notre planète océan.

Les mangroves indonésiennes ont perdu près de 2 millions d’hectares depuis les années 70. Et cette tendance se poursuit au rythme de 2% par an. Les causes de cette disparition sont nombreuses. Un quart serait dû au développement de l’aquaculture. En effet, l’explosion de l’aquaculture an Asie (crevette et poisson) a entrainé la création de très nombreux bassins d’élevage au détriment des mangroves. Le reste de la déforestation est attribué à l’agriculture, à la surexploitation, à l’érosion de la côte et aux catastrophes naturelles.

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La marque OMEGA est réputée mondialement pour la qualité et la performance de ses montres, ainsi que son engagement pour la conservation des océans. C’est pourquoi elle a choisi de s’engager auprès de la Fondation GoodPlanet, afin de soutenir ses missions de manière globale mais aussi plus précisément dans le cadre de son programme Océan.

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