L’Homme et la Nature

Enjeux

Les océans ont fait naître la vie. La richesse de leur biodiversité offre des ressources incroyables et nécessaires à l'Homme. Une richesse menacée par les pressions humaines.

Phoque gris dans les eaux du golfe du Maine, États-Unis d’Amérique © Brian Skerry / National Geographic

Un monde riche et microscopique

La vie est apparue dans les océans. De fait, les océans ont une histoire bien plus longue que les terres émergées et, en raison de ces milliards d’années d’évolution, la quasi-totalité des branches de l’arbre du vivant y est représentée. Cependant, la biodiversité des océans reste méconnue, ne serait-ce que par le nombre des espèces qui la composent – donnant matière à controverse – : sans compter les micro-organismes, on estime que 200 000 à 250 000 espèces animales et végétales peupleraient les océans, chiffres qui représentent environ 15 % de la totalité des espèces décrites de la planète. Cependant, différentes études évaluent la biodiver­sité totale de la planète selon une fourchette de 2 à 100 millions d’espèces, ce qui révèle le manque de données à notre disposition.

Bien que les animaux les plus emblématiques soient de grande taille, comme les baleines, les phoques, les requins ou les tortues, la quasi-totalité de la biodiversité est invisible à l’oeil nu. En effet, les micro-organismes – algues, bactéries et virus – comptent plusieurs millions d’espèces ; par exemple, on dénombre jusqu’à 160 espèces de procaryotes (bacté­ries) dans une seule goutte d’eau de mer, et entre 229 et 381 espèces d’euca­ryotes (organismes avec un noyau cellulaire) dans un litre.

Le phytoplancton – ensemble des organismes unicellulaires capables de réaliser la pho­tosynthèse – représente à lui seul 98 % de la biomasse des océans : ces micro-organismes, dont aucun ne dépasse en taille le millimètre, assurent la production de ressources pour l’écosystème tout entier, ainsi que le recyclage des déchets. Ils produisent également l’essentiel de l’oxygène que nous respirons : ce sont eux les poumons de la planète.

Ainsi, de ce phytoplancton à la baleine bleue qui s’en nourrit (et dont la taille peut atteindre 30 mètres et le poids jusqu’à 170 tonnes), tous les organismes marins sont-ils liés.

Les récifs coralliens, des oasis de vie

Tapis de coraux durs en eaux peu profondes, Kingman Reef, Océan Pacifique (Brian Skerry)
Tapis de coraux durs en eaux peu profondes, Kingman Reef, Océan Pacifique © Brian Skerry

Autres organismes minuscules, les polypes, petits ani­maux gélatineux, sont capables de fabriquer un squelette calcaire, aussi gigantesque qu’indispensable, appelé corail. Les couleurs des récifs coralliens sont dues à la présence d’algues microscopiques dans les tissus des polypes. Le jour, le corail puise les substances nutritives dans les algues qu’il abrite, grâce à l’énergie du soleil. La nuit, chaque polype du corail se transforme en un redoutable prédateur qui capture ses proies à l’aide de tenta­cules collantes et toxiques.

Les récifs attirent quantité d’organismes, des crustacés, des mollusques, des milliers de poissons et de nombreuses espèces de requins qui profitent de l’abondance potentielle des proies. Ils composent ainsi, avec la cime des forêts équatoriales, les écosystèmes les plus riches et les plus complexes de la planète. Bien qu’ils occupent moins de 0,1 % de l’envi­ronnement aquatique, ils pourraient abriter entre 1 et 9 millions d’espèces, dont 10 % seu­lement sont connues. Près de 5 000 espèces de poissons – plus du quart de la totalité des espèces de  poissons marins – y ont été identifiées. Sur un mètre carré de récif corallien, le nombre d’espèces animales et végétales est plus de cent fois supérieur à ce que l’on trouve en pleine eau. Les récifs constituent donc de véritables oasis de vie au cœur des océans.

Les fumeurs noirs

À l’instar des coraux tropicaux, il existe dans les profondeurs de l’océan des lieux où la vie foisonne, particulièrement au niveau des sources hydrothermales qui se forment le long des dorsales océaniques, entre 500 et 4 000 mètres de profondeur. L’activité volcanique intense libère ici d’épaisses fumées noires qui donnent leur nom aux «fumeurs noirs». Le liquide qui s’échappe de ces cheminées peut atteindre une température de 350 °C ; il contient une très forte concentration de composés chimiques comme du fer, du zinc, du manganèse, du sulfure d’hydrogène ou encore du CO2. Malgré l’absence totale de lumière, à laquelle s’ajoutent une pression importante (entre 100 et 500 bars), de fortes variations locales de température (de 350 °C à 2 °C en quelques mètres) et des eaux chargées de com­posés métalliques toxiques pour la plupart des espèces, la vie se développe et même foisonne : les concentrations animales autour des cheminées peuvent atteindre 50 kilos par mètre carré.

Les formes vivantes s’adaptent et développent des stratégies originales. Par exemple, le ver de Pompéi (Alvinella pompejana) est connu pour être l’organisme macroscopique qui supporte les températures les plus importantes : il vit dans un tube, en symbiose avec des bactéries filamenteuses, et expose des parties de son corps à des températures allant jusqu’à 80 °C !

Services rendus

Hutt Lagoon : Lac salé et culture d'algues, Australie (Yann Arthus-Bertrand/Altitudes paris)
Hutt Lagoon : Lac salé et culture d’algues, Australie © Yann Arthus-Bertrand / Altitude Paris

Les écosystèmes marins et la diversité qu’ils contiennent fournissent aux hommes un grand nombre de ressources à fort potentiel économique – on parle de «services rendus». La vie dans les océans assure, en premier lieu, une importante ressource alimentaire pour près de 3,5 milliards de personnes, les produits de la mer constituant leur principale source de protéines. Les océans fournissent en outre de nombreuses molécules-médicaments, comme des antitumoraux ou l’AZT, et alimentent l’industrie cosmétique. Enfin, de nom­breuses régions, comme la mer Rouge ou le Sud-Est asiatique, ont développé une forte activité touristique autour de la diversité des océans et de la plongée.

Près de 30 % des services rendus par les écosystèmes sont issus des océans, et leur valeur cumulée pourrait atteindre 3 000 milliards de dollars par an.

Une biodiversité menacée

Malgré les services rendus par la biodiversité des océans, cette dernière est menacée par les conséquences des activités humaines ; surpêche, pollution ou changement climatique sont autant de facteurs qui compromettent la survie des espèces. Depuis l’avènement de la pêche industrielle, les espèces commerciales de grande taille ont vu leur population diminuer de près de 90 %.

Or, lorsqu’une seule espèce – même rare – disparaît, c’est l’ensemble de l’écosystème qui devient vulnérable. Ce phénomène est particulièrement vrai pour les grands prédateurs : en l’absence de ces derniers, méduses ou poissons herbivores de petite taille, par exemple, se mettent à proliférer. De même, l’introduction d’une nouvelle espèce peut avoir de lourdes conséquences écolo­giques et économiques. C’est ainsi qu’aujourd’hui, le long des côtes israéliennes, 50 % des captures concernent des espèces de poissons remontées de mer Rouge par le canal de Suez. Or, ces espèces ont des capacités de croissance et de reproduction bien inférieures à celles qui étaient présentes antérieurement.

L’augmentation des températures, liée au changement climatique, modifie les schémas de distribution des espèces végétales et entraîne la migration des espèces animales vers de plus hautes latitudes. La diminution de la banquise entraîne également avec elle la disparition de la faune et de la flore associées à la glace : les jours des ours blancs, emblématiques de l’Arctique, sont probablement comptés. Dans le même temps, l’excès de CO2 dans l’atmos­phère provoque l’acidification des eaux, potentiellement grave de conséquences sur les orga­nismes calcaires comme le corail ou certaines espèces de phytoplancton.

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La marque OMEGA est réputée mondialement pour la qualité et la performance de ses montres, ainsi que son engagement pour la conservation des océans. C’est pourquoi elle a choisi de s’engager auprès de la Fondation GoodPlanet, afin de soutenir ses missions de manière globale mais aussi plus précisément dans le cadre de son programme Océan.

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